Nos actualités > Les News > CeRADIS mobilise au Bénin contre les grossesses en milieu scolaire

Ecole au Bénin

CeRADIS, membre d’Alliance Droits et Santé, a organisé, le 8 mai dernier à Parakou au Bénin, une soirée de mobilisation sociale et politique autour de la problématique des grossesses non désirées en milieu scolaire.

En vue de trouver des voies et moyens d’inverser ce phénomène, l’ONG CeRADIS a organisé une série de soirées de mobilisation sociale et politique autour de cette question. Autorités politico-administratives, responsables d’écoles, parents d’élèves, élèves, représentants d’organisations intervenant sur les questions de population et autres leaders d’opinion ont pris part à cette rencontre. Au programme : état des lieux et échanges sur les causes et solutions efficaces et durables.

Les grossesses en milieu scolaire, un phénomène d’ampleur présent sur tout le territoire béninois

Comme le relate très bien le journal la Nation, on estime a près de 4600 cas de grossesses enregistrés en milieu scolaire et universitaire au Bénin, dont environ 2000 dans les collèges publics au cours de l’année scolaire 2012-2013 (cf : la direction de la Promotion de la Scolarisation du ministère en charge de l’Enseignement secondaire).

Si le phénomène des grossesses non désirées en milieu scolaire est particulièrement alarmant dans le département de l’Atacora (1194 filles enceintes en 2011-2012 dont 283 écolières), notamment dans les communes de Natitingou, Boukombé, Copargo et Pehunco, il n’épargne aucun département du Bénin, fait observer Nourou Adjibadé, Directeur de CeRADIS. En moyenne, 549 élèves et écolières tombent enceintes chaque année dans l’Atacora-Donga ; 559 grossesses sont enregistrées en 2012-2013 dans le Zou-Collines, illustre-t-il.

Mobilisation au Bénin autours du phénomène des grossesses en milieu scolaire

« Un tableau totalement sombre », conclut le représentant de l’UNFPA, Dr Ali Marouf, en citant entre autres, les communes de Sinendé, Nikki, Tchaourou, N’dali, Gogounou où le phénomène est beaucoup plus alarmant. Le Dr Ali Marouf a salué l’initiative de cette séance de réflexion qui vient, selon lui, à point nommé pour fédérer les énergies des autorités morales, politiques et administratives qui pourront mettre un accent sur les différents types de sensibilisation en direction des communautés.

Information, Communication, Responsabilisation et Application des lois pour une scolarité en sécurité

Le Dr Marouf Ali soulève également que les parents jouent un rôle dans cette situation ; démission parentale, manque de moyens des familles pour les filles, mariage précoce sont autant de facteurs qui alimentent ce phénomène des grossesses en milieu scolaire. En parallèle le manque d’information, l’ignorance des lois en vigueur ou encore le manque de communication entre parents et enfants autours de la sexualité, car sujet encore tabou, sont d’autres facteurs qui s’ajoutent à la liste.
Pour les élèves, l’ignorance des principes de santé de la reproduction, notamment les bonnes méthodes de contraception ou encore le gain facile comme les notes sexuellement transmissibles sont également des risques aggravant pour les grossesses en milieu scolaire. 
Ces grosses accentuent la déperdition en milieu scolaire et compromet l’épanouissement des filles et de leurs enfants. Il s’agit d’une violation des droits des filles et d’un facteur majeur d’enchaînement du cycle de pauvreté, estime Nourou Adjibadé.

A la sortie des débats les participants ont mis en avant les points d’amélioration suivants :
- vulgariser les textes et surtout de les appliquer,
- enseigner l’éducation sexuelle à l’école,
- promouvoir l’utilisation des méthodes contraceptives,
- sensibiliser les communautés,
- et responsabiliser les parents.
Un beau programme en perspective au bénéfice des adolescentes, de leurs communautés et plus largement du pays pour un développement juste et durable, une dynamique dans laquelle s’investit Alliance Droits et Santé.

Pour retrouver l’article original du quotidien cliquez ici  > La Nation

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