PF

Qu’est-ce que la planification familiale ?

La planification familiale (PF) regroupe tous les moyens et tous les services qui permettent aux couples de faire le nombre d’enfants voulu au moment voulu, en tenant compte de l’éthique de vie, des conditions de santé de la femme et des moyens disponibles. Aujourd’hui, la planification familiale sert non seulement à espacer les naissances, mais aide également les couples infertiles à recouvrer, dans la mesure du possible, la fertilité. Des moyens modernes de contraception sont utilisés pour aider les couples désireux de planifier au mieux leur procréation. Il s’agit du préservatif (masculin et féminin), de la pilule, des injectables, des implants et du dispositif intra utérin.

Les soins de santé, le soutien, l’information et l’éducation liée à la santé sexuelle et reproductive sont autant de composantes de la planification familiale.


La planification familiale : un levier du développement

Mais la PF est avant tout un droit. Un droit explicitement fondé sur différents textes et conventions internationales tels que la Déclaration universelle des droits Humains, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la CEDEF, le Protocole de Maputo ou encore la Convention relative aux droits de l’enfant. Les gouvernements sont donc, en théorie, tenus de garantir à leur population l’accès à cette planification. Des textes de lois et documents programmatiques sont élaborés et validés par la plupart des pays en développement où, malheureusement, cet accès universel continue d’être un rêve. Dans ces pays, pas moins de 222 millions de femmes n’ont pas accès à la planification familiale.

La planification familiale pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement et protéger les femmes

En permettant aux femmes et jeunes filles d’éviter des grossesses non-désirées, d’espacer ou de limiter les naissances, on peut :

  • agir directement sur la mortalité maternelle et infantile,
  • limiter la propagation des IST/MST,
  • améliorer le niveau d’éducation des jeunes,
  • promouvoir l’égalité de genre.

Autrement dit, garantir l’accès à la planification familiale, permet de se rapprocher de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 

La conférence de Ouagadougou : naissance d’un partenariat

En février 2011, une conférence axée sur « Population, développement et planification familiale en Afrique de l’Ouest : l’urgence d’agir » s’est tenue à Ouagadougou (Burkina Faso). C’est lors de cette réunion qu’est né le « Partenariat de Ouagadougou ». Il vise à élever la place de la planification familiale dans la gouvernance économique et sociale des pays concernés, à accélérer la mise en œuvre des stratégies et à coordonner les efforts, au minimum jusqu’en 2015.

Dans ce cadre, les Etats en question (Sénégal, Burkina Faso, Niger, Togo, Mauritanie, Mali, Bénin, Guinée)  se sont accordés sur la nécessité de prendre des mesures concrètes pour que les méthodes et les produits contraceptifs soient disponibles et accessibles partout. Les partenaires techniques et financiers (les gouvernements des Etats-Unis  et de la France – les Fondations Gates et Hewlett essentiellement) se sont eux aussi engagés afin de soutenir toutes les initiatives nationales en faveur de la planification familiale en Afrique de l’Ouest.

Le lancement du Partenariat de Ouagadougou a marqué un « regain d’intérêt pour la planification familiale », à la fois par la production d’un corpus de recherche (monographies pays) et par l’affirmation d’une volonté politique, qui s’est traduit par la production de Plans d’Action Nationaux Budgétisés (PANB). Cependant, trois ans après, la question des ressources réellement engagées par les pays reste entière. Cela démontre que, dans leur grande majorité, les états de l’ouest africains restent peu engagés à assurer la sécurité contraceptive.

Cependant, deux pays font figure d’exception : le Sénégal et le Burkina Faso. Le premier matérialise son engagement : « doubler sa ligne budgétaire pour l’achat de produits contraceptifs », et le second a alloué d’importants fonds dans ce même but.